Irak: fin très proche de la bataille de Mossoul et les dates clés

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Trois ans après la proclamation du califat de l’EI, les «forces conjointes», appuyées par la coalition, ont porté une nouvelle offensive décisive contre les jihadistes dans la deuxième cité d’Irak.

La vieille ville de Mossoul en grande partie reprise par les militaires irakiens

La «chute de l’Etat fictif» annoncée par un porte-parole militaire irakien jeudi, trois ans jour pour jour après la proclamation du califat le 29 juin 2014, était espérée et programmée depuis des semaines. La date et le lieu, si symboliques, ont été choisis pour marquer la victoire, même si elle n’est pas tout à fait achevée. La reprise aux jihadistes à Mossoul du site de la mosquée Al-Nouri où Abou Bakr al-Baghdadi avait fait, quelques jours après, son unique apparition publique connue en tant que chef du groupe Etat islamique (EI) a été claironnée dans les médias irakiens.

Le Premier ministre irakien Haidar al-Abadi avait donné l’ordre mercredi à ses chefs militaires de mener «l’offensive décisive». Les plus gros moyens ont été mobilisés. Les «forces conjointes» regroupant l’unité antiterroriste, l’armée irakienne et la police fédérale, soit un total de 5 000 hommes, se sont lancées sur cette rive droite du Tigre à Mossoul. Avec un appui aérien «sans précédent» des chasseurs américains et français, selon le correspondant à Mossoul du quotidien arabophone basé à Londres Al-Araby Al-Jadid, bombardements et combats violents ont duré six heures ininterrompues.

Les «forces conjointes» ont réussi à investir le carré le plus important de la ville de Mossoul incluant le site de la mosquée Al-Nouri et son minaret «penché», connu sous le nom de «Hadba» («la bossue») ou «la tour de Pise irakienne». Les jihadistes, qui y avaient planté leur drapeau lors de leur conquête, l’ont fait exploser le 21 juin. Construit au XIIe siècle, le monument emblème de la ville, est imprimé sur les billets de 10 000 dinars irakiens.

Un réduit de 700 mètres sur 300

Au cours de la nouvelle offensive de jeudi matin, les combattants de l’EI ont lancé une trentaine de kamikazes pour tenter de stopper l’avancée des forces assaillantes, selon le colonel Ahmad Abdel-Rahman. Celui-ci indique que les forces irakiennes s’emploient à «nettoyer» la zone et à se repositionner après le retrait des jihadistes dans les ruelles voisines de la vieille ville. Autour de 250 d’entre eux se seraient barricadés dans une poche de 700 mètres sur 300 de la vieille ville, a confié un officier de police irakienne à l’agence turque Anadolu. Un communiqué militaire a annoncé par ailleurs que 82 combattants de Daech avaient été tués, dont plusieurs snipers, tandis que les dizaines de voitures, motos et autres engins piégés disposés dans les ruelles de la vieille ville avaient été détruits. Plusieurs maisons qui abritaient les jihadistes auraient également été dynamitées.

Dans le même temps, des dizaines de civils auraient été tués au cours dans ces dernières heures de combats au cœur de Mossoul, victimes essentiellement des raids aériens. Quelque 100 000 civils étaient «retenus comme boucliers humains» dans la vieille ville, selon l’ONU.

En marquant leur victoire à Mossoul, les militaires irakiens devaient laver leur honneur perdu en 2014. Ils avaient alors fui en moins de 24 heures devant quelques centaines de jihadistes, leur cédant sur place des tonnes d’armement et de matériel américains neufs, ainsi que des centaines de millions de dollars dans la Banque centrale de la ville. Après neuf mois de combats soutenus par une coalition internationale formée des plus grandes puissances du monde, ils viennent de reprendre une ville détruite, quasiment vidée de ses deux millions d’habitants.

Hala Kodmani

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